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Publié : 18 juin 2015

Atelier « pour mieux apprendre » (cycle II)

Atelier « pour mieux apprendre »
année scolaire 2014/2015 - cycle II

« Ayant des enfants qui ne savaient pas écouter, ni regarder, ni se tenir tranquilles, nous avons deviné que notre premier devoir n’était pas de leur apprendre des notions qui nous semblaient les plus utiles pour eux, mais qu’il fallait d’abord leur apprendre à apprendre… » Binet (1911)

Définitions :
La métacognition est la représentation que l’élève a des connaissances qu’il possède et de la façon dont il peut les construire et les utiliser. C’est un des meilleurs prédicateurs de la réussite scolaire. Il y a donc un grand intérêt à rendre les élèves conscients des stratégies d’apprentissage qu’ils mettent en œuvre pour apprendre et comprendre le monde. L’élève qui apprend efficacement utilise un langage intérieur pour diriger son processus de pensée et développe progressivement des habiletés qui augmentent son degré de conscience quant à sa manière d’apprendre. La métacognition est indissociable de la connaissance de soi et de la confiance en soi.

Les différentes composantes de la métacognition :
La métamémoire ou “ Savoir ce que je sais de ce que je ne sais pas ”.
Ce premier aspect, savoir quand on sait ou quand on ne sait pas, représente une forme de conscience de soi. Être un bon élève, c’est apprendre à être conscient de sa propre intelligence - au sens de connaissances - et du degré que peut atteindre alors sa propre compréhension. Un “ bon ” élève peut parfaitement dire qu’il ne sait pas, simplement parce qu’il exerce un contrôle permanent sur ses propres connaissances. L’élève “médiocre” ne sait pas ou la plupart du temps a peur de savoir s’il sait ou s’il ne sait pas. Le professeur va également apprendre à l’élève à construire l’outil mental : savoir raisonner.

La métacompréhension ou « Comprendre que pour résoudre le problème plusieurs chemins sont possibles ».
Tout, en classe, est situation de résolution de problème pour l’élève. Pour le tout petit, le problème est de mettre son manteau ; pour le plus grand c’est de comprendre les quatre opérations mathématiques ; pour le plus grand encore c’est de traiter un problème de physique, etc… Quel que soit le niveau de complexité de la tâche à effectuer, il faut que chaque élève comprenne que celui qui trouve très vite la solution c’est celui qui utilise un enchaînement d’opérations mentales efficaces. Il est facile de constater que l’idée du bon élève cristallise chez ceux qui réussissent moins bien, la certitude que c’est parce que c’est l’autre qu’il trouve. Par contre, comprendre que l’autre a mis en place des habiletés cognitives ignorées de lui jusqu’alors, voilà une attitude qu’il doit apprendre à construire et qui sera pour lui d’une efficacité réelle. Il pourra alors accepter l’idée que savoir raisonner, ce n’est pas inné, cela s’apprend : apprendre à comprendre les mots clefs du texte ou le contenu des questions du problème, identifier les prérequis ou les connaissances préalables qu’il doit maîtriser pour comprendre, trouver le but à atteindre, isoler les variables à manipuler, comprendre qu’il y a plusieurs chemins qui peuvent conduire à la solution, accepter que se tromper de chemin ou en d’autres termes ne pas trouver la bonne réponse, c’est normal puisque la connaissance n’est pas encore maîtrisée. En bref, identifier les informations pertinentes, mettre en lien ces informations en formulant une hypothèse, chercher de nouvelles informations pour valider ou invalider l’hypothèse, et recommencer tant que la bonne solution n’est pas trouvée, c’est ce parcours qui s’appelle raisonner. Cette habileté mentale est une compétence socle pour comprendre et apprendre.

Métacognition et confiance en soi :
L’effet délétère du manque de confiance en soi sur les performances scolaires de l’élève est avéré. Le manque de confiance en soi génère chez l’élève un sentiment de peur de faire - même s’il s’en défend et prend une attitude d’indifférence – qui mobilise ses ressources mentales. Il n’a plus alors assez de ressources pour utiliser les mémoires qu’il a préalablement construites, qu’il s’agisse de savoirs scolaires proprement dits ou de savoir faire comme savoir raisonner. La situation est alors un cercle vicieux : il n’a pas confiance en lui, il ne peut mobiliser ses connaissances tant cognitives que métacognitives ; mais comme il ne peut utiliser les savoirs préalables, il ne peut réajuster des compétences métacognitives nécessaires pour comprendre et donc apprendre. C’est là l’histoire banale d’un élève en difficulté d’apprentissage. Qu’est-ce qui est fait au sein de sa situation scolaire pour lui permettre de sortir de ce terrible engrenage avant qu’il ne soit trop tard pour lui ? Comment développer chez les élèves une attitude positive sur eux-mêmes ?
Les élèves doivent apprendre et utiliser tout au long de leur parcours scolaire les compétences métacognitives suivantes : savoir observer, savoir être attentif, savoir gérer ses émotions, savoir utiliser ses mémoires, savoir raisonner, savoir comprendre et apprendre.

Constats :
De nombreux élèves scolarisés à l’EREA ont des difficultés dans le domaine des fonctions exécutives (impulsivité, planification, flexibilité, mémorisation, inhibition,…) en association souvent avec un autre trouble qui fait l’objet d’un diagnostic plus clair. De manière transversale, ces difficultés exécutives perturbent tous les apprentissages.
Ces difficultés exécutives sont évoquées dès la présentation de début d’année par les médecins et prises en compte par les enseignants et les rééducateurs sans, le plus souvent, faire l’objet de séances « dédiées ». Du côté de l’école, l’idée de consacrer du temps à une réflexion métacognitive n’est pas un objectif clairement listé dans les programmes officiels, ces compétences semblent dans le domaine de l’implicite. Du côté rééducatif, deux neuropsychologues du service B3 ont proposé depuis le milieu de l’année scolaire 2008/2009 un atelier hebdomadaire sur les fonctions exécutives à quelques élèves de cycle III. D’autre part, certaines séances d’ergothérapie peuvent se centrer sur la résolution de problèmes en mathématiques.
Les élèves passent en moyenne deux ans à l’EREA avant de poursuivre leur parcours de scolarité dans des dispositifs ou des écoles « classiques ». La scolarisation à l’EREA offre l’opportunité d’aider l’élève à se forger des outils pour mieux comprendre sa propre manière d’apprendre et de contourner les difficultés.
Les conditions de scolarisation à l’EREA Jacques Brel (recrutement sur 4 départements et déplacements en taxi) font qu’il n’est pas toujours facile d’associer les parents aux apprentissages.

Propositions :
En partenariat avec les enseignants des classes, les médecins, les rééducateurs et les neuropsychologues du service B3 ; poursuivre la mise en place d’un atelier « métacognition » pour les élèves du cycle II.
Objectif de l’atelier : à partir d’activités non associées à un champ disciplinaire, développer les habiletés métacognitives :
Repérer et décrire sa façon d’apprendre, percevoir celle des autres, élargir le répertoire des stratégies cognitives, affiner ses propres choix.
Être plus actif dans son apprentissage en exploitant son langage intérieur, en prenant conscience des étapes suivies pour un raisonnement.
Être conscient des moyens utilisés pour acquérir des connaissances et les retenir, résoudre des problèmes.
Reconstruire son statut d’élève capable de réussir, capable de percevoir pourquoi il a réussi ou pas.
Associer les partenaires et en particuliers les parents au travail effectué dans le domaine de la métacognition pour donner du sens aux stratégies mises en valeur.

Organisation retenue au cycle II pour l’année scolaire 2014/2015 :
En début d’année scolaire : observation en classe, choix des élèves les plus concernés par les difficultés attentionnelles et exécutives à partir du croisement des observations (enseignants, neuropsychologues, rééducateurs) et des résultats des évaluations diagnostiques de cycle.
Pendant l’année scolaire à partir du 22 septembre, mise en place d’ateliers hebdomadaires : un atelier avec les élèves sélectionnés et un atelier en coanimation avec l’enseignant de la classe. Mise en place d’échanges avec les parents et les rééducateurs pour favoriser le transfert des stratégies à la maison.

Frédéric Plessiet